Les associations membres de l’Unapei Nouvelle Aquitaine alertent sur leur situation économique qui se dégrade dangereusement
Bordeaux, le 22 octobre 2024 – À l’occasion d’une rencontre régionale, les 18 associations membres de l’Unapei Nouvelle Aquitaine partagent leur grande inquiétude face à leur situation économique actuelle.
« Les déficits s’accroissent en raison des fortes hausses que nous subissons depuis plus de deux ans. Si l’on se satisfait de la valorisation et de la reconnaissance de l’ensemble des professionnels, lorsqu’elle n’est pas financée, la prise en compte des « primes Ségur » depuis le 01 juillet 2024 (rétroactive au 01 janvier 2024) vient fragiliser des finances déjà en tension. La situation va très vite devenir insupportable, certaines associations craignent de devoir fermer des établissements ou de ne plus pouvoir garantir le paiement des salaires » rappelle Jean-Pierre Durgueil, Président de l’Unapei Nouvelle Aquitaine.
Nos associations accompagnent les personnes en situation de handicap intellectuel et dépendent du travail indispensable de leurs salariés. Ne pas appliquer cette revalorisation rétroactive, comme prévu par l’arrêté du 4 juin 2024, menace la qualité et la pérennité des prestations que nous offrons aux personnes que nous accompagnons. L’attractivité des métiers du médico-social reste insuffisante et cette situation risque de générer des conflits sociaux au sein de nos établissements.
Certaines de nos associations de la Nouvelle Aquitaine n’ont pas d’autre choix que de réfléchir à des plans de retour à l’équilibre, voire de mise en liquidation, avec pour conséquences l’arrêt ou la suspension des projets en cours, le non-remplacement de professionnels ou la fermeture de leurs établissements avec un retour dans les familles des personnes accompagnées, pour celles qui en ont encore, etc. La situation actuelle menace d’un terrible retour en arrière pour les familles et l’inclusion des personnes dans notre société, avec des conséquences sociales et financières pour la société bien au-delà des dépenses à compenser actuellement.
La direction régionale de l’ARS Nouvelle Aquitaine s’est engagée auprès des associations à compenser le surcoût que le Ségur entraine, mais rien à ce jour ne nous est parvenu et nous craignons que les sommes promises ne couvrent pas la totalité de nos avances de trésorerie.
Pour les départements c’est beaucoup plus compliqué ; la plupart annoncent qu’ils ne financeront pas cette dépense tant que l’Etat ne compensera pas de façon intégrale ces coûts supplémentaires.
L’oubli des associations tutélaires pour lesquelles l’Etat, et donc la DREETS, n’a toujours pas versé le Ségur pour tous et pour lequel nous n’avons aucune garantie non plus. Le Ségur est avancé sur leurs fonds propres… Jusqu’à quand ?
Après l’annonce par le gouvernement de réaliser 40 milliards d’euros d’économies dans le cadre du budget 2025, il est à craindre que nos budgets ne soient pas compensés à la hauteur des dépenses engagées pour faire face aux augmentations subies ces deux dernières années et à la réévaluation des salaires.
À l’heure où l’accompagnement de toutes les personnes en situation de handicap est loin d’être une réalité, l’avenir de nos associations est gravement menacé.
Combien de temps allons-nous pouvoir assurer l’accompagnement de nos enfants dans une société qui ne cesse de les ignorer ?